Le point fixe de mes rondes (2)

 

« Entrez dans la danse, voyez comme on danse, sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez ».

Il suffit de ces quelques mots et reviennent les rondes enfantines, accompagnées de leurs mystères.Le mystère de leurs mots étranges. Une histoire de lauriers coupés qu’une « belle que voilà  » saurait bien ramasser… Des baisers, des fauvettes aux doux gosiers, des fraises, des fleurs d’églantier, et le son d’une ronde.Deux mains dans deux autres mains, la danse la plus simple qui soit, un cercle, un tour, oui, encore un, toujours recommencé.

Il est bien possible que mon inclinaison pour la ronde vienne d’un jeu enfantin que j’aimais beaucoup. Bonheur qu’il soit organisé dans la cour de l’école, ou mieux encore, hors les murs, les rares jours de promenades. Il y avait là finalement des ingrédients toujours précieux : un déplacement joyeux circulaire, la poésie d’un simple texte, et un fabuleux tissu à déposer discrètement dans le dos des participants : le fameux foulard du « renard ».

« Ne regardez pas le renard qui passe, regardez seulement quand il est passé », entonnions-nous en choeur, assis en cercle, le regard « docilement » tourné vers l’intérieur pendant qu’un « renard » désigné passait, foulard à la main. J’ai souvenir que celui qui n’avait pas vu le tissu déposé derrière lui, finissait, perdant, éliminé, mais au centre du cercle.

 

Le chemin de ronde est idéal pour faire le guet, pour scruter le pays, de là où voir le plus loin possible, les alentours qui se dévoilent. « Je vais en rond, cela me permet d’être tout à la fois, partout », dit le mystérieux personnage qui accompagne sur une valse d’Oscar Straus, les dix scénarios des plaisirs, dans La Ronde, le film de Max Ophuls, inspiré de la pièce d’Arthur Schnitzler.

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Tournent, tournent beaux paysages ! 
La terre tourne nuit et jour !
L’eau de pluie se change en nuage
Et le nuage tombe en pluie !

 

 

La ronde de l’amour, musique Oscar Straus/ Louis Ducreux pour le film La Ronde, Max Ophuls.

 

Tournent, tournent beaux paysages…La ronde, le monde, le voyage est un vaste tour.

 

Je reprends ces notes sur la ronde, le cercle et le point fixe qui illustrent le sens de mes explorations géo-poétiques « à la ronde » tout en allers-retours, depuis M- sur m, en ce jour de 1er novembre 2017 , joyeuse fête de tous les saints. Il me revient alors ce magnifique détail du Jugement dernier de Fra Angelico ..

rondes saints fra angelico +

La ronde des saints…Le jugement dernier, Fra Angelico, 1431-1345, couvent San Marco Florence

 

Je vois avec joie que c’est autour d’un arbre, un palmier, que se dessine le cercle de ces bienheureux personnages…un arbre, le point fixe d’une ronde merveilleuse , il y a des siècles déjà…

2

 

Isabelle Baudelet, le 1er novembre 2017, M sur m.

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